Projet de résidence
Ma recherche autour des systèmes racinaires du blé et de l’orge a commencé en 2024 dans le cadre du projet Zone critique.
Invitée par le département de la Seine Maritime à réaliser une œuvre non pérenne dans les jardins de l’Abbaye St Georges sur la thématique des céréales, j’ai travaillé pendant 9 mois, autour des systèmes racinaires du blé et de l’orge. Il en a résulté deux oeuvres faites de tissu racinaire qui ont été exposés pendant 3 mois dans les jardins de l’Abbaye au centre des deux plantations de blé ancien.
Fascinée par la relation qui s’est nouée au fil des mois avec ces organismes vivants et par les résultats obtenus, j’ai décidé de poursuivre mes recherches et de développer ce travail sur de plus grands formats tout en explorant de nouveau systèmes racinaires.
Le Projet
Le projet « Mutations » explore les possibilités de collaboration entre l’humain et le végétal et pose la question de notre relation au vivant dans un monde en pleine transformation, dominé par une vision dualiste de la Nature héritée du passé, l’une mécaniste qui conduit à l’exploitation aveugle des ressources et l’autre holistique, qui fait de la Nature un grand organisme avec sa normativité et sa sagesse propres. Or, lorsqu’on y regarde de plus près,la Nature apparaît plutôt comme un vaste champ d’expérimentations basées sur la méthode essai-erreur et non comme un tout fermé. Comme l’écrit Baptiste Morizot : « le vivant est toujours trajectoire, histoire ouverte, transformation, invention. ». Ma démarche artistique emprunte une voie médiane qui consiste à me mettre dans une forme de disponibilité, d’attention, de curiosité par rapport au vivant afin de trouver des terrains d’expérimentations communs. Dans cette posture, il y a de l’enfant, de l’artiste et du botanniste.
Processus de travail
Ce qui m’intéresse, dans ma relation au blé et à l’orge, c’est de montrer l’extraordinaire vitalité de leurs systèmes racinaires. En effet, les racines sont comme une tête chercheuse ; leur mobilité et leur plasticité sont le pendant souterrain à l’apparente placidité, en surface, de la plante. Mon travail consiste à créer des matrices de forme que le blé et l’orge vont explorer. La réponse plastique des racines va induire chez moi des modifications dans les propositions plastiques suivantes et c’est ce va et vient entre proposition et réponses qui instaure une forme de dialogue sensible permettant à l’humain et au végétal de trouver un terrain commun d’expérimentation qui est de l’ordre du tatonnement.
Le projet Mutations s’effectue dans le cadre d’un projet de résidence de 6 mois au sein des serres municipales d’Aubervilliers en partenariat avec Plaine Commune.
À l’intérieur des serres municipales, je bénéficie d’une tablette de culture d’1,50 x 10 mètres, d’un espace de stockage dédié, d’un arrosage programmé et d’un accès aux serres pendant les heures d’ouverture.
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